Calendrier scientifique – Mai 2026
Le rôle du M2BPGi dans la détection précoce de la fibrose hépatique
Qu’indique principalement le M2BPGi ?
Une activité inflammatoire hépatique
Une obstruction des voies biliaires
Une activité fibrogénique hépatique
La gravité de la stéatose
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Explication
Le M2BPGi reflète l’activité fibrogénique et sert à la stadification de la fibrose hépatique, y compris en cas de NAFLD (stéatose hépatique non alcoolique).
Contexte scientifique
Les étiologies les plus fréquentes de la maladie hépatique chronique sont la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD, auparavant dénommée NAFLD [stéatose hépatique non alcoolique]), la maladie hépatique alcoolique, l’hépatite virale chronique (notamment les hépatites B et C) et, plus rarement, des affections hépatiques auto-immunes, cholestatiques, génétiques ou induites par des médicaments. Ces affections diffèrent par leur pathogénie, mais toutes peuvent favoriser une atteinte hépatique persistante et la fibrogenèse, rendant essentielle l’identification précoce de l’étiologie sous-jacente pour la stratification du risque et la prise en charge. Parmi ces facteurs, la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) est de plus en plus reconnue comme une cause principale de maladie hépatique chronique dans de nombreux pays développés et est fortement associée à l’obésité, à la résistance à l’insuline, au diabète de type 2, à la dyslipidémie et, plus largement, au syndrome métabolique. La maladie hépatique alcoolique demeure une cause majeure à l’échelle mondiale et couvre un spectre allant de la stéatose et de la stéatohépatite jusqu’à la fibrose hépatique avancée et la cirrhose. Les hépatites B et C chroniques restent des causes importantes de maladie hépatique chronique dans le monde, en particulier là où la prévalence virale reste élevée, tandis que l’hépatite auto-immune, la cholangite biliaire primitive, la cholangite sclérosante primitive, l’hémochromatose, la maladie de Wilson et certains médicaments hépatotoxiques représentent des causes moins fréquentes mais cliniquement importantes, à considérer dans le diagnostic différentiel.4
La maladie hépatique chronique représente un fardeau sanitaire mondial considérable et croissant. Chaque année, elle est responsable d’environ deux millions de décès dans le monde, principalement dus à la cirrhose, à l’hépatite virale et au cancer du foie, ce qui en fait la 11e cause de mortalité à l’échelle mondiale. Il est important de noter que l’impact ne se limite pas à un seul groupe démographique : environ un décès lié à une maladie du foie sur trois survient chez les femmes, ce qui souligne la large portée de cet impact au sein de la population. Au-delà de la mortalité, cette maladie contribue de manière significative à l’invalidité à long terme, la cirrhose se classant au 15e rang des principales causes d’espérance de vie corrigée de l’incapacité (DALYs, pour disability-adjusted life years) dans le monde, reflétant les années de vie perdues et vécues en mauvaise santé. Les conséquences économiques sont également considérables : aux États-Unis seulement, on estime que les maladies hépatiques coûtent 32,5 milliards de dollars, ce qui souligne la lourde charge pesant sur les systèmes de santé et la société. Dans leur ensemble, ces chiffres démontrent que la maladie hépatique chronique n’est pas seulement un défi clinique, mais aussi un problème de santé publique et économique majeur.5
La fibrose hépatique
La fibrose hépatique est l’accumulation pathologique de matrice extracellulaire (en particulier de collagène fibrillaire) en réponse à une agression hépatique chronique, représentant un processus de cicatrisation potentiellement réversible qui remanie l’architecture hépatique normale à des degrés variables. La cirrhose est le stade avancé de la maladie hépatique chronique, au cours duquel une fibrose hépatique étendue s’accompagne de nodules de régénération et d’un remaniement architectural marqué, entraînant une augmentation du risque d’hypertension portale, de décompensation hépatique et de carcinome hépatocellulaire. En résumé, la fibrose est le processus de cicatrisation, tandis que la cirrhose constitue le stade terminal, avancé sur les plans structurel et clinique, d’une fibrose sévère et étendue.6,7,8
Le stade de fibrose hépatique est un déterminant majeur du pronostic des patients, les stades plus élevés étant fortement associés à des risques accrus de cirrhose, de décompensation hépatique, de carcinome hépatocellulaire et de mortalité hépatique. Une stadification précise de la fibrose hépatique permet la stratification du risque, oriente les décisions thérapeutiques et aide à surveiller la progression ou la régression de la maladie en réponse au traitement.9
De plus en plus souvent, l’évaluation de la maladie hépatique chronique combine des méthodes non invasives pour évaluer la fibrose hépatique et guider la prise en charge. Les outils classiques comprennent la biopsie hépatique, les biomarqueurs sériques (par exemple APRI, FIB-4) et l’imagerie élastographique, chacun présentant des limites telles que le caractère invasif, une imprécision aux stades intermédiaires ou l’influence des comorbidités. Les approches utilisant des biomarqueurs, telles que le dosage du M2BPGi (isomère de glycosylation de la protéine de liaison Mac-2), consistent en une analyse sanguine simple reflétant la fibrogenèse, et permettent une détection précoce, une stratification du risque et une surveillance de la progression ou de la régression de la maladie, avec un meilleur confort pour le patient.10
Le M2BPGi (isomère de glycosylation de la protéine de liaison Mac-2)
La M2BP est largement exprimée dans de nombreux tissus, avec une expression cellulaire prédominante dans les cellules immunitaires, les cellules épithéliales, les fibroblastes et les cellules tumorales. Dans le foie, la M2BP est produite à la fois par les hépatocytes et par les cellules non parenchymateuses, y compris les cellules de Kupffer, les cellules stellaires hépatiques et les cholangiocytes. D’un point de vue glycobiologique, la M2BP est une protéine sécrétée fortement glycosylée, portant de multiples N‑glycanes qui sont modifiés par des glycosyltransférases au sein de l’appareil de Golgi. En conditions physiologiques, la M2BP présente un profil de glycosylation stable et bien régulé.11
Au cours de la fibrose hépatique, des augmentations inflammation‑dépendantes de l’activité des glycosyltransférases entraînent des modifications pathologiques de la glycosylation de la M2BP. Cela comprend l’ajout et la ramification des O‑glycanes, une fucosylation accrue (à la fois du noyau et des bras externes) et une sialylation modifiée. Ensemble, ces modifications associées à la fibrose sortent la M2BP de son état de glycosylation normal et permettent sa liaison à l'agglutinine de Wisteria floribunda.12
Au cours de la fibrose hépatique, les cellules stellaires hépatiques deviennent une source majeure de M2BPGi, dont les niveaux d’expression sont corrélés à la sévérité de la fibrose. Le M2BPGi active les cellules de Kupffer, stimulant la régulation à la hausse et la libération de Mac‑2 (galectine‑3), une lectine profibrotique clé. La Mac‑2 active à son tour les cellules stellaires hépatiques, favorisant l’expression de cytokines profibrotiques, le dépôt de matrice extracellulaire et une signalisation fibrogénique soutenue. Cela crée une boucle de rétroaction amplificatrice qui entraîne la progression de la fibrose hépatique.13
Détection du M2BPGi
Le M2BPGi est détecté à l’aide du kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt (réservé à la recherche*) sur la plateforme HISCL™ au moyen d’un test lectine-glycoprotéine qui reconnaît spécifiquement les modifications de glycosylation associées à la fibrose de la M2BP. Dans cette méthode, l’isomère de glycosylation de la M2BP présent dans le sérum est capturé par un anticorps monoclonal anti‑M2BP fixé sur des particules magnétiques liées à la lectine, puis détecté à l’aide d’un anticorps anti‑M2BP marqué à la phosphatase alcaline. La lectine (ou agglutinine) de Wisteria floribunda joue un rôle clé en se liant sélectivement aux structures d’O‑glycanes altérées du M2BPGi, caractérisées par une fucosylation et une sialylation accrues. Cette liaison hautement spécifique permet le dosage quantitatif par chimiluminescence du M2BPGi et reflète l'étendue de la fibrogenèse hépatique.14
Potentiel du M2BPGi selon les différentes étiologies des maladies hépatiques
Le M2BPGi (isomère de glycosylation de la protéine de liaison Mac-2) s’est imposé comme un biomarqueur fiable et non‑invasif de la fibrose hépatique dans un large éventail d’étiologies de la maladie hépatique chronique. De nombreuses données démontrent que les concentrations sériques de M2BPGi augmentent progressivement avec le stade de fibrose hépatique dans l’hépatite virale chronique B et C, la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD/NAFLD), la maladie hépatique alcoolique et les maladies hépatiques cholestatiques telles que la cholangite biliaire primitive, ce qui reflète l’existence d’une voie fibrogène commune, indépendante de l’étiologie sous-jacente. De plus en plus de données probantes indiquent que le kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt (réservé à la recherche*) reflète ce phénomène.15,16
Les méta‑analyses et les études de grandes cohortes montrent que le kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt (réservé à la recherche*) présente une bonne exactitude diagnostique pour la fibrose significative et avancée, en particulier à partir du stade F3 et de la cirrhose, et que ses performances sont constantes quelles que soient les étiologies, virales ou métaboliques. Dans la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), le M2BPGi conserve sa valeur informative, y compris chez les patients obèses, chez lesquels les scores de fibrose habituellement utilisés voient souvent leurs performances diminuer, ce qui confirme son utilité dans cette population de patients en croissance rapide. En outre, l’association du M2BPGi à des scores établis tels que le FIB‑4 améliore la stratification du risque et réduit les orientations inutiles ou le recours à des procédures invasives.16,17,18,19
Au-delà de la stadification de la fibrose hépatique, le M2BPGi reflète également l’activité inflammatoire hépatique et a démontré une valeur prédictive pour les issues cliniques, notamment la survenue d’un carcinome hépatocellulaire et la survie chez les patients atteints d’une maladie hépatique avancée. Pris dans leur ensemble, ces résultats font du M2BPGi un biomarqueur polyvalent, largement applicable au dépistage, à la stadification, au suivi longitudinal et à l’évaluation pronostique pour les différentes étiologies des maladies hépatiques chroniques, et étayent la valeur potentielle du kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt (réservé à la recherche*) dans le diagnostic de maladies liées à la fibrose.15,20
*Dans la région EMEA, le kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt est actuellement destiné uniquement à des fins de recherche.
*Le kit d’analyse HISCL™ M2BPGi™-Qt est actuellement destiné exclusivement à des fins de recherche. L'utilisation à des fins de diagnostic médical in vitro n'est pas prise en charge par Sysmex.
Références
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