Information

Nous informons les visiteurs que ce site Internet est, uniquement, à destination des professionnels de santé (*)
Merci de confirmer que vous êtes un professionnel de santé (*)

Oui, je reconnais être un professionnel de santé (*)  Non, je ne suis pas un professionnel de santé (*)

(*) Un professionnel de santé est défini comme toute personne habilitée à prescrire, dispenser ou utiliser des DMDIV (Dispositifs Médicaux de Diagnostic In Vitro) dans l’exercice de son art.

Excusez-nous.

Cette page est réservée aux professionnels. Ils ne sont pas autorisés.

Sysmex France
Menu

Savez-vous à quelle maladie correspond le cas de ce mois-ci? Testez vos connaissances avec le quiz ci-dessous!

Quelle pathologie explique l’état de cette patiente? Leucémie myéloïde chronique (LMC)
Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) causé par Legionella pneumophila
Leucémie Myéloïde Chronique atypique (aCML) BCR-ABL1 négative
Phase aigüe de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC)

Version en ligne de note cas mensuel

Correction

The pathogen name for answer "b" printed on the calendar is not correct. The correct name is Legionella pneumophila. Sorry for the confusion.

La bonne réponse du quiz du mois d’août est:

Septicémie sévère et syndrome de détresse respiratoire aiguë provoqué par Legionella pneumophila

Scattergrammes et Cytologie

Antécédents de la patiente : une formule sanguine dressant un bilan complet a été demandée chez une femme de 73 ans en soins intensifs.

 

Tableau

Diagnostic différentiel et interprétation

Il est possible de déduire la réponse à partir de...

 

 

  • Leucocytose : NGB élevée
  • Neutrophilie : NEUT# élevé
  • Forte réactivité des neutrophiles : NEUT-RI élevé
  • Présence de granulocytes immatures : IG# et IG% élevés ; marquage « IG Present »
  • Absence de basophiles
  • Absence de marquage “Blasts?”

 

 

Antécédents de la patiente

Une femme de 73 ans a été admise en USI avec un syndrome de détresse respiratoire et beaucoup de fièvre. Une formule sanguine dressant un bilan complet a été demandée.

 

Résultats

L'analyse a montré une légère anémie et une numération normale des réticulocytes. Les valeurs de RET-He et Delta-He étaient faibles, indiquant un problème d'hémoglobinisation des réticulocytes récemment formés. L'anémie constitue un symptôme non spécifique commun à de nombreuses affections telles que la carence en fer, des infections chroniques et des tumeurs touchant la moelle osseuse. Une leucocytose modérée accompagnée d'un ratio neutrophiles/lymphocytes relativement élevé a par ailleurs été observée. L'anémie légère et la leucocytose s'observent dans de nombreuses affections d'origine néoplasique ou réactive. Dans le cas présent, la fluorescence des neutrophiles a fortement augmenté (canaux NEUT-RI 60,4, par rapport à la valeur normale de 45), indiquant une affection réactive. Le fait que la leucocytose soit modérée rend la leucémie peu probable puisqu'en pareil cas, la numération des leucocytes est généralement plus élevée. De plus, le nombre élevé de granulocytes immatures (GI), les traces d'érythroblastes et l'absence de blastes étayent le diagnostic d'une septicémie bactérienne. Les résultats d'analyse sanguine obtenus – neutrophilie, fluorescence élevée des neutrophiles, faible hémoglobinisation des réticulocytes (carence fonctionnelle en fer), présence d'érythroblastes – sont caractéristiques d'une septicémie bactérienne.

 

Pour ces raisons, les réponses suivantes sont fausses

 

Leucémie myéloïde chronique (LMC)

Une leucocytose sévère avec une NGB supérieure à 100 000/µl et moins de 20 % de blastes (généralement moins de 2 % de blastes) sont des constats caractéristiques de la LMC. De plus, la plupart des patients présentent une numération absolue de basophiles et de monocytes élevée, ce qui n'est pas le cas ici. La thrombocytopénie n'est pas caractéristique de la LMC, la plupart des patients présentent une anémie normocytaire normochrome (1). La LMC n'est pas associée à une leucocytose réactive, ce qui explique que les neutrophiles présentent en cas de LMC une valeur normale de NEUT-RI, qui est ici nettement en augmentation. De plus, le décalage à gauche observé est typique d'une infection mais pas d'une LMC. La numération de neutrophiles serait aussi plus élevée que ce qui est observé dans le cas présent.

 

Leucémie myéloïde chronique atypique (LMCa), BCR-ABL1 négative

La LMC atypique (LMCa) est un trouble leucémique avec des aspects myélodysplasiques ainsi que myéloprolifératifs présents au moment du diagnostic (1). La numération élevée de monocytes et la leucocytose due au nombre élevé de neutrophiles et de précurseurs myéloïdes, tels qu'observés ici, sont des constats caractéristiques en cas de LMC. Les neutrophiles de la LMCa sont toutefois dysplasiques, donc présentent une complexité cellulaire réduite (NEUT-GI) et par conséquent ne sont pas réactifs, donc ont une fluorescence normale (NEUT-RI). La valeur normale de NEUT-GI, l'augmentation de NEUT-RI et la numération normale de monocytes dans le cas présent nous permettent d'exclure une LMCa des causes possibles de leucocytose chez ce patient.

 

Exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

La BPCO est une affection respiratoire courante touchant les voies respiratoires, qui réduit l'air qui y circule. Elle est associée à une réponse inflammatoire chronique, marquée dans les voies respiratoires et les poumons, aux particules ou aux gaz nocifs. Les exacerbations et comorbidités contribuent à la sévérité générale des symptômes chez les individus. Les dommages subis par les poumons et les apports limités en oxygène expliquent que l'organisme soit soumis à une hypoxie chronique et qu'il réagisse en produisant plus de globules rouges en compensation. Dans le cas présent, IRF est élevé mais RET# et RET% sont normaux, ce qui n'étaye pas le diagnostic de la BPCO. L'inflammation chronique qui accompagne souvent la BPCO est associée à une neutrophilie modérée, mais le nombre élevé de granulocytes immatures (GI) et la forte fluorescence des neutrophiles (NEUT-RI) observée ici ne sont pas caractéristiques d'une réaction inflammatoire liée à la BPCO.

Maladie sous-jacente

Legionella pneumophila

Legionella pneumophila est un bacille gram-négatif qui provoque la légionellose, appelée aussi maladie du légionnaire (2). Ce microorganisme vit dans les écosystèmes aquatiques. La légionellose se transmet par inhalation d'aérosols et/ou par le biais de sols contaminés par la bactérie. La contamination n'est pas atmosphérique et la bactérie ne se transmet pas d'un individu à un autre. Parmi les sources qui permettent à la bactérie de se multiplier, citons les réservoirs d'eau chaude, les tours de refroidissement, les condenseurs à évaporation des grands systèmes de climatisation, tels qu'on en trouve habituellement dans les hôtels et les grands bâtiments de bureaux. L'incidence de la légionellose dépend du degré de contamination du réservoir d'eau, de l'intensité de l'exposition à l'eau contaminée et de la fragilité de l'hôte. Au cours de l'infection, la bactérie est internalisée et prolifère au sein des phagosomes des macrophages alvéolaires, ainsi que dans les monocytes sanguins.

Legionella est une cause courante de pneumonie contractée en collectivité chez les patients immuno-compromis et de pneumonie nosocomiale chez tous les groupes de patients. La légionellose est associée à un taux de mortalité élevé allant jusqu'à 25 %.

Les symptômes cliniques de la légionellose ne sont pas spécifiques et comprennent la fièvre, des symptômes digestifs et la pneumonie. Les signes et symptômes respiratoires ne sont pas dominants au début. Les symptômes digestifs sont généralement courants : diarrhée, nausée, vomissement et douleurs abdominales. Les patients sont généralement léthargiques, ont des maux de tête et sont parfois plongés dans un état de torpeur.

Les anomalies des analyses de laboratoire ne sont pas spécifiques elles non plus et peuvent renvoyer à des dysfonctionnements hépatiques et rénaux, une thrombocytopénie, une leucocytose et une hypophosphatémie.

Un diagnostic précoce de la légionellose et la mise en place d'un traitement approprié permet de réduire le taux de mortalité. Le diagnostic microbiologique nécessite l'utilisation d'un milieu spécial (par ex. un milieu composé d'extrait de levure de charbon tamponnée) et peut prendre plusieurs jours. Un test urinaire rapide identifiant l'antigène de legionella diminue nettement le délai d'obtention d'un diagnostic.

Dans la mesure où le bacille se réplique de façon intracellulaire, des antibiotiques tels que la pénicilline et la céphalosporine ne parviennent pas à pénétrer la membrane cellulaire de l'hôte et sont donc relativement inefficaces contre legionellae. Des antibiotiques ayant une bonne pénétration cellulaire comme les macrolides, les quinolones, la tétracycline et la rifampicine constituent un traitement efficace. Les patients qui reçoivent un traitement approprié dans un délai court voient généralement leurs symptômes soulagés en trois à cinq jours.

 

Septicémie

La septicémie est l'une des causes les plus courantes de décès chez les patients hospitalisés (3).

Il s'agit d'un syndrome clinique qui complique une infection sévère. Elle est déclenchée par l'hôte en réponse à l'infection et a pour but de tuer l'agent pathogène envahissant l'organisme. C'est pourquoi l'issue de la septicémie ne dépend pas seulement de la viabilité de l'agent pathogène agresseur, qui peut être directement toxique et destructeur pour les tissus, mais davantage encore de la réponse de l'hôte qui peut s'avérer excessive et provoquer des dommages organiques et tissulaires collatéraux. La septicémie se caractérise par les signes cardinaux de l'inflammation (vasodilatation, accumulation de leucocytes, augmentation de la perméabilité microvasculaire) dans les tissus éloignés du site d'infection.

Les termes suivants aident à mieux comprendre la définition de la septicémie :

 

Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS) : Le SRIS est un syndrome clinique incarnant une forme d'inflammation dérégulée. Le SRIS est couramment associé à des processus infectieux (septicémie) et des affections non infectieuses, telles que des troubles auto-immuns, la pancréatite, la vasculite, la thromboembolie, les brûlures ou une chirurgie. La définition du SRIS repose sur l'existence d'au moins deux anomalies liées à la température, au rythme cardiaque, à la respiration ou à la numération de globules blancs.

Infection : Une infection correspond à l'invasion de tissu normal stérile par des organismes.

Bactériémie: C'est la présence de bactéries viables dans le sang.

Septicémie : La septicémie est un syndrome clinique qui est l'aboutissement d'une réponse inflammatoire dérégulée à une infection qui ne disparait pas et est délétère, provoquant souvent un dysfonctionnement organique. La septicémie est définie comme la présence (probable ou établie) d'une infection accompagnée de manifestations systémiques d'une inflammation (signes de SRIS). 

Septicémie sévère : La septicémie sévère correspond à une hypoperfusion tissulaire ou un dysfonctionnement organique induite par la septicémie.

Choc septique : Le choc septique est une hypotension induite par la septicémie, persistant malgré une réanimation liquidienne adéquate.

Syndrome de défaillance multiviscérale : Le syndrome de défaillance multilatérale (SDMV) renvoie à un dysfonctionnement organique progressif chez les patients atteints d'une maladie aiguë, de sorte que l'homéostasie n'est plus assurée sans intervention. Il se situe à l'extrémité du spectre de sévérité à la fois du SRIS et de la septicémie.

 

L'issue de traitement contre la septicémie et sa réussite dépendent du moment où il est instauré. Il est donc essentiel que l'identification de la septicémie soit précoce afin d'améliorer les taux de mortalité.

Les paramètres hématologiques suivant rapportés par les analyseurs de la série XN détectent avec sensibilité le développement d'infections et d'une septicémie et peuvent donc être utilisés pour étayer le diagnostic. Ils sont particulièrement efficaces combinés entre eux, ainsi qu'avec d'autres biomarqueurs infectieux, tels que la procalcitonine et la protéine C réactive.

NEUT-RI – réactivité des neutrophiles, exprimée par leur fluorescence (4). L'activation des neutrophiles est l'un des premiers mécanismes anti-infectieux et l'on peut observer une augmentation de NEUT-RI dès les premières phases de l'infection.

NEUT# – la numération des neutrophiles augmente sous l'effet de la libération dans le sang du pool de granulocytes issus de la moelle osseuse en réaction à une infection. C'est un signe très précoce d'infection au même titre que NEUT-RI.

IG# – numération absolue de granulocytes immatures. Une fois le pool de neutrophiles natures épuisé dans la moelle osseuse, les granulocytes immatures sont libérés à leur tour dans la circulation sanguine par cette même moelle osseuse. Comme l'hématopoïèse est par ailleurs stimulée, de grandes quantités de granulocytes immatures sont produites par la moelle osseuse. L'augmentation de la numération IG# est le signe que l'infection a atteint un stade aigu et avancé (5).

ASL – lymphocytes synthétisant les anticorps. Au cours d'une infection aiguë, les neutrophiles et macrophages phagocytent les organismes agresseurs et présentent les antigènes aux lymphocytes B, qui à leur tour évoluent en cellules plasmatiques et synthétisent les anticorps dirigés contre l'agent pathogène. Ces lymphocytes synthétisant les anticorps dégagent une forte fluorescence dans le canal WDF et peuvent donc facilement être détectés par l'analyseur. Une numération des LSA reflète une infection déjà avancée.

Delta-He – différence de teneur en hémoglobine entre globules rouges matures et réticulocytes. Dans l'un des mécanismes de lutte contre l'infection bactérienne, les macrophages bloquent le fer afin d'entraver le métabolisme des agents pathogènes. Ceci conduit à une carence fonctionnelle en fer, donc à une hémoglobinisation déficiente en réticulocytes. En principe, la valeur Delta-He est positive, mais à mesure que l'infection progresse, elle diminue et peut même devenir négative. Il s'agit, parmi les paramètres listés, de la dernière indication d'une infection en cours.

Un autre paramètre, le NRBC - numération des érythroblastes dans le sang périphérique - est l'indicateur d'un mauvais pronostic et d'un risque élevé de mortalité en cas de septicémie.

Bibliographie

 

  1. Swerdlow SH, Campo E, Harris NL, Jaffe ES, A. PS, Stein H, et al. 4th ed2008.
  2. DeMello D, Kierol-Andwes L and Scalise P. (2007) Severe sepsis and acute respiratory distress syndrome from community-acquired legionella pneumonia: case report. Am J Crit Care; 16(3):320-317
  3. Reinhart K, Bauer M, Riedemann N et al. (2012) New approaches to sepsis: Molecular diagnostics and biomarkers. Clin Microbiol Rev 25:4
  4. Cornet E, Boubaya M and Troussard X. (2015) Contribution of the new XN-1000 parameters NEUT-RI and NEUT-WY for managing patients with immature granulocytes. Int J Lab Hem; epub ahead of print
  5. Nierhaus A, Klatte S, Linssen J et al. (2013) Revisiting the white blood cell count: immature granulocytes count as a diagnostic marker to discriminate between SIRS and sepsis – a prospective, observational study. BMC Immunology, 14:8

Technologie Sysmex

Notre Glossaire

Liste alphabétique des termes scientifiques

Ouvrir notre glossaire

Téléchargez votre fond d’écran

Growing your knowledge
Visitez notre académie
Voir notre bibliothèque
Découvrez notre galerie des médias
Tous
  • Tous
  • Documents
  • Podcast
  • Images
  • Vidéos
Venez visionner le film
Voir notre bibliothèque
Voir notre bibliothèque https://www.sysmex.fr/media-centre.html
Voir notre bibliothèque https://www.sysmex.fr/media-centre.html
Voir notre bibliothèque de frottis https://www.sysmex.fr/academie/bibliotheque/galerie-d-images.html
En savoir plus sur ce concept https://www.sysmex.fr/entreprise/qui-sommes-nous/silent-design.html
Visionner le film https://www.sysmex.fr/media-centre/gamme-xn-l-changez-vos-perspectives-23979.html
Marathon de Rotterdam 2015 https://www.sysmex.fr/media-centre/sysmex-against-cancer-21833.html